Comment faire constater un bien insalubre en Belgique : vos droits et les démarches à suivre

Publié le 13 avril 2026 à 14:32
bien insalubre

Comment faire constater un bien insalubre en Belgique : vos droits et les démarches à suivre

Par Inspexio · Avril 2025 · 6 min de lecture


Humidité qui envahit les murs, moisissures au plafond, chauffage en panne, installation électrique dangereuse... Vivre dans un logement insalubre, c'est une réalité pour beaucoup trop de locataires en Belgique. Pourtant, la loi est claire : tout propriétaire est tenu de fournir un logement sûr, salubre et habitable. Si ce n'est pas le cas, vous avez des droits — et des recours concrets.

Voici tout ce qu'il faut savoir pour faire constater officiellement l'insalubrité d'un bien en Belgique.


Qu'est-ce qu'un logement insalubre selon la loi belge ?

L'article 23 de la Constitution belge garantit à chaque citoyen le droit à un logement décent. Sur cette base, chaque région a élaboré son propre code du logement avec des critères précis.

De manière générale, un logement est considéré insalubre s'il présente un ou plusieurs des problèmes suivants :

  • Présence d'humidité, de moisissures ou de champignons sur les murs
  • Absence de chauffage fonctionnel ou d'eau chaude
  • Installation électrique défectueuse ou non conforme
  • Risque d'effondrement ou de structure instable
  • Absence d'éclairage naturel suffisant
  • Présence de nuisibles (rats, punaises de lit, etc.)
  • Absence ou mauvais état des installations sanitaires
  • Risque d'incendie ou d'intoxication au monoxyde de carbone

Chaque région fixe ses propres normes, mais ces critères de base sont communs à l'ensemble du territoire belge.


Étape 1 : contacter votre propriétaire par écrit

La première chose à faire est d'informer votre propriétaire du problème par lettre recommandée avec accusé de réception. Décrivez précisément les problèmes constatés, joignez des photos si possible, et demandez explicitement la réalisation de travaux dans un délai raisonnable.

Ce courrier est indispensable : il prouve que vous avez tenté de régler la situation à l'amiable, ce qui sera exigé dans la suite des démarches. Dans beaucoup de cas, un propriétaire de bonne foi réagit à ce stade.


Étape 2 : faire appel à un expert indépendant si le propriétaire ne réagit pas

Si votre propriétaire ne donne pas suite ou minimise les problèmes, c'est le moment de faire constater les désordres par un expert technique indépendant. C'est l'étape que beaucoup oublient — et qui change pourtant tout à la suite des démarches.

Les procédures officielles prennent du temps. À Bruxelles par exemple, le délai entre le dépôt d'une plainte et la visite d'un inspecteur peut atteindre 4 mois. Sans document technique en main, vous n'avez que votre parole face à celle du propriétaire.

Un expert comme Inspexio intervient rapidement — souvent sous 48 à 72h — et vous remet un rapport complet sous 24h après la visite, avec photos, mesures et constats détaillés. Ce rapport vous permet de :

  • Prouver objectivement l'existence et la gravité des problèmes
  • Renforcer votre lettre recommandée avec des faits documentés
  • Appuyer votre plainte auprès des autorités régionales
  • Disposer d'une pièce technique solide si la situation va devant le juge de paix

Un expert indépendant n'a aucun lien avec le propriétaire, l'agence ou le bailleur. Son rapport est neutre, factuel, et reconnu dans le cadre de procédures amiables comme judiciaires.


Étape 3 : porter plainte auprès de l'organisme compétent selon votre région

Si le propriétaire ne réagit toujours pas, vous passez à l'étape officielle. La procédure varie selon votre région.

À Bruxelles

L'organisme compétent est la Direction de l'Inspection Régionale du Logement (DIRL). Vous pouvez déposer votre plainte :

Munissez-vous de votre contrat de bail, d'une preuve de paiement des deux derniers loyers et des coordonnées de votre propriétaire. Depuis le 1er novembre 2024, il est interdit de proposer à la location un bien faisant l'objet d'une mise en demeure de travaux.

En Wallonie

La procédure est encadrée par le Code wallon de l'habitation durable. L'organisme compétent est le Service Salubrité du Service Public de Wallonie. Vous pouvez également saisir directement votre commune : le bourgmestre peut ordonner des travaux, interdire la location, ou en cas de danger grave, faire évacuer le bâtiment.

Plus d'infos : spw.wallonie.be

En Flandre

L'organisme de référence est Wonen in Vlaanderen. Un inspecteur visite le bien, un rapport technique est rédigé, et le bourgmestre dispose de 3 mois pour prendre une décision. En cas de désaccord, un recours peut être introduit dans les 30 jours auprès du ministre flamand du Logement.


Étape 4 : saisir le juge de paix

Si aucune solution amiable n'aboutit, vous pouvez saisir le juge de paix. Il peut ordonner la réalisation de travaux sous astreinte, prononcer une réduction de loyer, ou annuler le bail avec remboursement des loyers versés. Trouvez votre juge de paix compétent via justice.belgium.be.


Quelles sanctions pour le propriétaire ?

Un propriétaire qui loue un bien insalubre s'expose à :

  • Une amende de 2 000 € à 25 000 € par logement selon la gravité des infractions
  • L'obligation de réaliser les travaux dans les 12 mois
  • L'interdiction de mise en location du bien
  • Des poursuites pénales dans les cas les plus graves — le « marchand de sommeil » est passible d'une peine de prison de 6 mois à 3 ans

En résumé : les 4 étapes à suivre

  1. Contacter votre propriétaire par lettre recommandée
  2. Faire appel à un expert indépendant si pas de réponse — rapport Inspexio sous 24h
  3. Porter plainte auprès de l'organisme régional compétent — DIRL à Bruxelles, SPW en Wallonie, Wonen in Vlaanderen en Flandre
  4. Saisir le juge de paix si aucune solution amiable n'aboutit

Votre logement présente des problèmes ? Ne restez pas sans preuve.

Inspexio intervient dans toute la Belgique pour réaliser des expertises techniques indépendantes. Rapport sous 24h, expert certifié, actif partout en Belgique.